4 avril 2017

Description du projet

Jusqu’à présent, la recherche sociolinguistique s’est concentrée sur l’analyse des complications apparaissant dans les écoles urbaines hétéroglossiques, où les enseignants doivent mettre en œuvre des politiques unilingues dans des contextes souvent très hétéroglossiques. Cependant, la plupart des travaux ont tendance à privilégier les tactiques des élèves et concernent beaucoup moins les diverses stratégies des enseignants, sauf si celles-ci servent à critiquer la législation linguistique officielle. De telles préférences risquent de laisser inexpliquées les réponses que les chercheurs jugent désagréables, et contredisent la recherche qui tend à démontrer que des réponses variées peuvent être attendues, particulièrement quand les politiques créent des contradictions. Ce projet met donc en avant une analyse sociolinguistique des différentes applications des politiques linguistiques par les enseignants, indépendamment de leur désirabilité, dans quatre écoles secondaires belges. Les objectifs du projet sont d’analyser (1) comment la diversité linguistique est surveillée, autorisée et encouragée; (2) quelle forme le langage des enseignants prend dans et hors de la classe; (3) quelles attitudes s’imposent dans ces contextes; et (4) dans quelle mesure la gestion, les formes et les attitudes sont propice à un consensus pratique en classe. D’un point de vue méthodologique, ce projet sera de nature linguistique ethnographique, en se focalisant à long terme sur l’observation participante, les enregistrements audio et entrevues pour obtenir une perspective locale difficile à trouver par le biais d’approches concentrées sur les affirmations explicites de preuves. De cette façon, le projet aura pour but de combler une lacune empirique significative dans la sociolinguistique de l’enseignement urbain et d’induire le débat public sur l’enseignement et les politiques linguistiques à l’aide d’un tableau réaliste des pratiques actuelles d’enseignement.